« Une entreprise alimentaire sur quatre affiche un résultat dans le rouge »
Rentabilité en berne et compétitivité en danger : l'association nationale des industries alimentaires (Ania) a décrit mercredi un secteur « à bout de souffle », se basant sur une étude de la Banque de France.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
« L'industrie agroalimentaire française affiche des marges structurellement deux fois inférieures à celles des autres industries manufacturières, une situation qui confirme son impossibilité à être compétitive face à ses concurrents européens et qui compromet sa capacité à investir et à se moderniser », alerte l'Ania, dans un communiqué.
Cette prise de parole intervient au moment des négociations commerciales avec la grande distribution, destinées à fixer in fine les prix des principaux produits vendus en supermarchés pour l'année à venir.
Citant une étude de la Banque de France portant sur la rentabilité des entreprises agroalimentaires entre 2018 et 2024, réalisée sur un échantillon de 13 533 entreprises (soit plus de la moitié du secteur), l'Ania souligne que dans son secteur, la marge nette est de 3,5 % contre 5,8 % pour l'industrie manufacturière.
La situation est particulièrement tendue pour cette industrie « à faible valeur ajoutée », arrivée à un tournant « historique » en 2025, où « l'agroalimentaire a fermé plus de sites qu'elle n'en a ouvert ». « Une entreprise alimentaire sur quatre affiche aujourd'hui un résultat dans le rouge », souligne l'Ania.
Plus de défaillances
L'association note que l'agroalimentaire « subit davantage de défaillances que les autres industries manufacturières » : « 2,5 % des industriels alimentaires ont disparu en 2023 et en 2024, contre 1,5 à 2 % dans l'industrie manufacturière dans son ensemble ».
L'Ania, qui rassemble syndicats et associations représentatifs des plus de 20 000 entreprises alimentaires du pays, appelle les pouvoirs publics « à prendre la mesure de l'urgence dans laquelle se trouvent les entreprises agroalimentaires ».
« Sans action rapide pour permettre de restaurer des marges permettant l'investissement, c'est la capacité de notre pays à transformer sa production agricole qui sera hypothéquée » et « c'est la possibilité pour les Français de choisir une alimentation produite en France (...) qui sera remise en cause », prévient l'Ania.
En septembre, l'Ania avait déjà alerté sur « l'effondrement » de la balance commerciale alimentaire française, dans un contexte de change défavorable, de tensions commerciales et de perte de compétitivité au sein même de l'Union européenne.
L'agroalimentaire français, premier employeur industriel avec 520 000 salariés, représente un chiffre d'affaires de 250 milliards d'euros, selon l'Ania.
Pour accéder à l'ensembles nos offres :